Un candidat de plus en plus crédible à la mairie de Bucarest

Roumanie – Selon un sondage réalisé entre le 23 juillet et le 7 août derniers par l’institut Cult Market Research et commandé par la Fondation Konrad Adenauer, le mathématicien Nicusor Dan (notre photo) pourrait remporter les élections municipales à Bucarest le 27 septembre prochain. Les intentions de vote en sa faveur s’élève en effet à 50% contre seulement 42% à la maire sortante Gabriela Firea Pandele, candidate du Pari Social Démocrate (PSD). En tant que première femme élue à la tête de l’exécutif de la capitale en 2016 en prétendant lutter efficacement contre la pollution et la corruption,  elle avait suscité de nombreux espoirs mais au fil de son mandat, elle n’a cessé de décevoir (*). Occupée par d’incessantes querelles avec Liviu Dragnea, président du PSD, et mis à mal par ses choix douteux en matière d’investissement, sa gestion a été très rapidement remise en cause. Son rival, autorisé par sa profession à savoir lire les chiffres, parle d’une véritable faillite. Aucun des problèmes récurrents auxquels la ville est confrontée depuis des années et plus particulièrement la densité du trafic routier qui fait de Bucarest une des villes les plus polluées d’Europe, n’a été résolu. La crise sanitaire que la première magistrate pensait avoir su maîtriser se solde elle-aussi aujourd’hui par un échec car Bucarest est devenu un des plus importants foyers d’infection. Elle va se trouver en septembre prochain face à un candidat qui est parvenu à mobiliser la société civile. Sa formation, l’Union pour Sauver Bucarest (USB), créée à la veille des élections de 2016 a changé d’appellation pour se transformer en USR (Union pour Sauver la Roumanie), ce qui lui donne du poids sur l’ensemble du territoire et par voie de conséquence le renforce dans la capitale.

Par défaut ou conviction

Le parti libéral auquel appartient le Premier Ministre actuel, Ludovic Orban s’est rallié à l’USR et ne présentera aucun candidat, ce qui augmente les chances pour Nicusor Dan de gagner la partie. La seule ombre au tableau est la candidature de l’ancien Président de la République, Traian Basescu, que les sondages créditent de 5% d’opinions favorables. Un taux modeste mais suffisamment important pour faire pencher la balance. Basescu, âgé de 69 ans, fait figure de vétéran dans le paysage politique roumain et beaucoup s’interrogent sur ses capacités à moderniser une ville qui rencontre de plus en plus de difficultés pour s’imposer face à d’autres capitales d’Europe Centrale, dont Prague, Budapest et Varsovie. Mais la grande inconnue dans ce scrutin demeure le taux de participation. Lors des dernières élections municipales, seul un tiers des inscrits s’était rendu aux urnes. Jamais un taux aussi élevé d’abstentions n’avait été enregistré depuis la libéralisation du pays et de sa capitale. Il est fort possible qu’on assiste à un phénomène similaire si la pandémie s’exacerbe et que le maire de Bucarest, nouveau ou non, soit élu par défaut et non  par conviction. (Source : ADZ / Adaptation en français : pg5i)

(*) Voir à ce sujet notre article en date du 23 juillet dernier : « Les Bucarestois meurent davantage de pollution que de maladies »

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