L’Europe enfin unie … dans le malheur !

Monde / Europe Centrale – Parce qu’il est inédit et qu’il s’est immiscé par surprise sur l’ensemble de la planète, prenant au dépourvu toutes les couches de la population, les pauvres comme les riches, les cerveaux brillants comme les esprits malveillants, il était par conséquent évident que le coronavirus allait monopoliser toute l’actualité avec son lot habituel de mensonges, de rumeurs, de vérités non dites, de prévisions aléatoires, de statistiques douteuses, d’interprétations irréfléchies et de comparaisons hasardeuses.

En tant que journaliste, il est par conséquent difficile de faire le tri entre ce qui est vrai et ce qui est faux, entre ce qui doit impérativement être dit et ce qui doit obligatoirement être réfléchi et analysé avant d’être publié et cette règle s’impose d’autant plus que nos sociétés, au nom d’une démocratie guidée par les réseaux sociaux, autorisant chacun à s’exprimer, génèrent davantage de rédacteurs du dimanche que d’observateurs objectifs du quotidien.
Les journalistes à qui il est reproché en temps de paix de monter en épingle la moindre bagatelle, doivent, en temps de guerre, redoubler de vigilance et ne pas tomber dans le piège du catastrophisme qui désespère à un moment où il faut redoubler d’optimisme. Des pandémies, l’humanité en a connues depuis que notre monde existe et contrairement à ce qui est déclaré, toutes se sont plus ou moins mondialisées. La tuberculose, la syphilis, le choléra, le paludisme, la poliomyélite, la peste, et, hélas, beaucoup d’autres ont frappé tous les continents bien avant qu’on parle de globalisation de l’économie. Même si le propos peut paraître cynique, force est de constater que ces fléaux sont nécessaires à notre survie. Sans eux la science n’évoluerait pas et, surtout, sans eux ce qui nous reste d’esprit solidaire n’existerait plus. Le coronavirus est inédit dans le sens où il remet en cause, de jour au lendemain, tout ce qu’on croyait acquis et qui ne l’est plus. Quel miracle que de voir tomber du ciel tous ces milliards de dollars, d’euros, de yens, de couronnes mais aussi de lei, forints, zlotys, lev, diners, francs suisses, hryvnia ou de roubles, alors qu’il y a à peine quelques semaines, on nous faisait croire qu’augmenter de 10 ou 20% le salaire d’une aide-soignante allait creuser le déficit budgétaire. Grâce au covid-19, l’Europe est unie dans la douleur parce qu’elle n’a pas su l’être dans le bonheur. Dans une guerre traditionnelle, créée par l’homme , il y a deux camps, celui des vainqueurs qui deviennent arrogants et celui des vaincus qui doivent se soumettre. Dans une guerre « naturelle », il n’y a plus de belligérants et l’armistice ce ne sont plus quelques hommes, souvent séniles, qui le signent, mais de la population toute entière, plus intelligente qu’on l’imagine, qu’il dépend.
Nous sommes conscients qu’avec seulement quelques centaines de lecteurs fidèles par jour, notre contribution dans la lutte contre le coronavirus est dérisoire mais nous sommes aussi contraints, déontologiquement parlant, de ne pas occulter un sujet qui s’universalise. C’est en tenant compte de ces deux paramètres que nous avons fait le choix de trier le bon grain de l’ivraie et de sélectionner des articles publiés en Europe Centrale . Nous les avons adaptés en français, parce que nous estimons qu’ils méritent une audience plus large. Certains ne sont pas dénués d’humour qui demeure la meilleure arme contre la déprime, y compris dans les moments où ne voit la vie qu’en noir.
Nous commençons cette série par un article rédigé par Nina May, journaliste au magazine « Allgemeine Deutsche Zeitung », qui reflète parfaitement l’esprit que nous souhaitons donner à cette nouvelle série Coronavirus, dont nous sommes les premiers à regretter qu’elle se soit imposée. Tous ces textes seront diffusés en accès libre. Vital-Joseph Philibert

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