La social-démocratie roumaine en quête d’une nouvelle image

Roumanie – A l’instar de pratiquement tous les partis socialistes ou sociaux-démocrates européens, celui de Roumanie ne fait pas exception et n’est pas au meilleur de sa forme. Bien qu’il soit toujours la formation avec 139 sièges sur 329 la mieux représentée à l’assemblée nationale,  il perd d’année en année de son influence car il a souvent souffert de la mauvaise image de marque de ses dirigeants. On compte par dizaines le nombre de ses ténors à avoir été impliqués dans des affaires de corruption, de trafic d’influence, de détournement de fonds publics voire de recel de biens sociaux. Une des figures les plus emblématiques, Liviu Dragnea, président du parti PSD de 2015 à 2019, a été longtemps la cible de la DNA, organisme de lutte contre la corruption, laquelle est arrivée à ses fins en le faisant condamner pour abus de pouvoir. Depuis plus d’un an, il est incarcéré et sa nouvelle demande de mise en liberté provisoire a été la semaine dernière rejetée par la justice. Celle qui lui a succédé à la tête du parti, Viorica Dancila, devenue Première-Ministre en 2018, plutôt que de s’atteler à restaurer l’image de marque du parti, a multiplié les maladresses et impairs au point de devenir la risée de tout le pays. Elle s’imaginait pouvoir rebondir en se présentant l’an dernier aux élections présidentielles face au président sortant du parti libéral Klaus Johannis mais elle a été littéralement laminée au second tour, en ne recueillant qu’à peine 34% des suffrages.
Mettre un terme au copinage
Contrainte de démissionner, elle a cédé sa place à Marcel Ciolacu (notre photo), président de l’Assemblée Nationale. Occupant le poste  de président  par intérim depuis le retrait de l’ancienne chef de l’exécutif, Ciolacu a été confirmé ce week-end à cette fonction par une très large majorité des délégués. Il s’est en effet arrogé 1.310 voix sur les 1.500 votants et a laissé KO sur le tapis son principal concurrent, un ancien ministre des finances, Eugen Teodorovici, dont les ambitions vont devoir être revues à la baisse car il n’a convaincu que 91 électeurs, soit tout juste 6%. Ciolacu, légitimé par ses troupes, a immédiatement promis une « renaissance du PSD », laquelle va passer en priorité par « un renoncement systématique aux attaques à l’encontre de la justice » dont ses prédécesseurs s’étaient fait une spécialité. Son objectif est de redonner au PSD sa position de centre-gauche sur l’échiquier politique. Dans son premier discours en tant que président, il a insisté sur la nécessité de « moderniser l’économie du pays » en misant sur les « compétences et non plus sur le copinage ». Mais en parlant de « rupture avec le passé », le nouveau représentant de la sociale démocratie roumaine va devoir redoubler de vigilance et de tact. Il n’aura pas que des « amis » sur sa route mais aussi de nombreux nostalgiques de l’époque décriée. Deux n’ont pas hésité à se manifester, le délégué de Vaslui, ville moldave de 55.000 habitants, Dumitru Buzati qui évoque  une « politique de l’image » et le secrétaire général du parti, Codrin Stefanescu qui va plus loin en parlant de « lâcheté ». Les prochaines élections municipales qui vont se dérouler en septembre prochain devraient être l’occasion pour le nouveau président du parti social-démocrate de tester la crédibilité de son programme. Les regards vont naturellement se porter sur les résultats dans la capitale, dont la maire-sortante, Gabriela Firea Pandele se représente en tant que vice-présidente du PSD. Les sondages donnent l’avantage à son concurrent à Nicusor Dan (notre article en date du 18 août dernier) et c’est assurément  du score qu’elle obtiendra à Bucarest que dépend l’avenir du parti. (Source : adz / adaptation en français : pg5i/vjp)   
 
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