Et si les cinémas étaient condamnés à disparaître ?

France/UE/Monde – Par tradition proches des médias, les gens de la culture, cinématographique notamment,  les « professionnels de la profession » comme les décrivait si justement Jean-Luc Godard, sont parvenus à se faire considérer comme les plus grandes victimes de la crise sanitaire. Ils ont toutefois oublié qu’ils ont un ministère dédié à leur statut et à leurs revendications, ce qui n’est hélas pas le cas d’autres métiers qui, il faut bien le reconnaître,  ont été beaucoup plus exposés que les intermittents du spectacle, les acteurs, danseurs, scénaristes, metteurs en scène, et  producteurs , etc. autant de personnes qui, lorsqu’elles ont du talent,  ont la chance de pouvoir s’enrichir en dormant grâce aux droits d’auteurs qu’elles perçoivent dans leur pays et à l’étranger. Ni les caissières de supermarchés, ni les éboueurs et encore les travailleurs saisonniers, le plus vulnérables,  n’ont la chance d’avoir une Roselyne Bachelot pour aller plaider leur cause sur les plateaux de télévision. L’ancienne ministre de la Santé se bat depuis des mois pour nous faire croire que le culture est aussi importante que la médecine sinon pour sortir du moins mieux vivre la pandémie. Elle n’a probablement pas tort mais il faut aussi avoir le courage d’écrire qu’elle n’a pas entièrement raison. Sans aller jusqu’à écrire que ces « professionnels de la profession » sont des privilégiés comparativement à d’autres salariés, infiniment plus nombreux, il faut toutefois constater qu’ils ne sont pas les plus mal lotis.

Roselyne Bachelot, amie des artistes, photographiée ici sur le plateau de la série typiquement franco-française « Nos chers voisins« 

« C’est à vous » ou c’est chez elle ?

Comme l’a rappelé récemment l’hebdomadaire « Le 1 »  « le gouvernement n’a pas lésiné sur les aides – on en est déjà à une année et demie blanche pour l’intermittence » . Etant donné que  les centaines de milliers de saisonniers s’apprêtant  à venir cueillir bientôt  asperges, cerises ou  fraises, ne sont pas informés de cette générosité dont savent faire preuve certains dirigeants au profit de certaines professions, ils ne s’en offusqueront pas. S’ils viennent chez nous en étant porteurs du virus, ils seront manu militari placés en quarantaine, encore plus mal payés, logés et nourris qu’à l’accoutumée, ils repartiront au bercail les poches à moitié pleines ou plutôt à moitié vides mais comme ces nouveaux esclaves n’ont pas droit à un statut de l’intermittence encore moins à un accès aux plateaux de Canal Plus, TF1, M6 ou France Télévisions, personne ne parlera d’eux et Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Santé et des Solidarités (!) pourra continuer à venir blablater chez  « C’est à vous » sur France 5 avec ses amis Pierre Lescure, Patrick Cohen et Marie-Elizabeth Lemoine dans une ambiance bon enfant où l’utilisation du prénom est de rigueur.  « Mon cher Pierre, vous n’avez pas tort ! », « Alors là, Patrick, vous avez tout à fait raison ! » ou « Merci !  Marie-Elizabeth, vous  posez la question que j’attendais ! » : on ne peut trouver ministre plus heureuse sur un plateau de télévision que Roselyne avec Pierre, Patrick, Marie-Elizabeth et les autres.  Il va sans dire que toutes ces conversations de salon dans lesquelles  s’immiscent acteurs, réalisateurs, interprètes ou  écrivains venus faire la promotion de leur dernière œuvre,  sont programmées pour nous faire pleurer dans nos chaumières sur le sort de ces pauvres artistes qui seraient les plus grandes victimes de la crise sanitaire alors qu’elles le sont plutôt moins que la plupart des autres professions.

Souffrance et création

Il est tout à fait logique que  le secteur de la culture soit touché par la pandémie. Ce serait même un paradoxe qu’il y échappât car il est historiquement prouvé que c’est dans la souffrance morale et physique que naissent les plus grands chefs d’œuvre. Que nous auraient laissé Pablo Picasso sans le franquisme, Stefan Zweig sans le national-socialisme, Milos Forman sans le communisme, Visconti et Fellini sans le fascisme ! Il faut prendre conscience que le coronavirus exacerbe toutes les inégalités,  qu’il a déclenché une guerre non pas contre l’être humain mais plutôt contre ses habitudes, qu’il n’a rien de commun avec une dictature qui s’éradique par les armes et que le seul moyen pour avoir raison de lui tient en un seul mot : la solidarité ; laquelle est sans effet si elle se limite à des applaudissements sur le balcon des immeubles. Les professionnels des professions culturelles sont autorisées à faire entendre leur voix mais on peut aussi s’interroger à savoir pourquoi elles n’ont pas pris l’initiative de créer leur propre fonds de solidarité ? Pourquoi des stars qui empochent des dizaines parfois des centaines de milliers d’euros pour interpréter un rôle ne sacrifient-elles pas une partie de leurs cachets pour venir en aide aux petites mains sans lesquelles ils n’auraient jamais pu tenir la tête de l’affiche ? Pourquoi les artistes revendiquent-ils une « exception » quand tout va bien et une « normalité » quand tout va mal ? Une personne est reconnue « artiste » lorsqu’elle se distingue des autres, pourquoi ne s’illustrerait-elle pas en profitant de la pandémie pour inventer une nouvelle forme de société plus sociale et plus  culturelle ? Tout artiste confiné peut s’enrichir intellectuellement alors que tout salarié « normal », confiné,  perd une partie de son identité. Mais certains artistes français  en jouant de leurs célébrités plus ou moins éphémères pour provoquer et en portant une peau d’âne avant de se dénuder,  non seulement  ne rendent pas service à leur profession mais font oublier celle des autres. En plein cœur de la 3ième vague pandémique, cette  clownerie grotesque et de très mauvais goût  était censée nous prouver que les milieux du cinéma, du théâtre et de la danse étaient les plus touchés, ce qui est totalement faux.  Plutôt que de montrer ses seins pendants et ses fesses peinturlurées, la « Capitaine Merleau » aurait  été mieux inspirée en mettant à profit sa tribune pour alerter l’opinion sur la galère que vivent tous les artistes qui n’ont pas la chance d’avoir leur « statut ».

Un statut pour tous ou pour personne

Prenons l’exemple des peintres, personne n’en parle et c’est dommage . D’une manière générale, ils créent et s’épanouissent en solitaire et le confinement peut être interprété comme une philosophie de vie. Mais pour la plupart d’entre eux qu’il y ait pandémie ou non, ils galèrent pour trouver une galerie, souvent associative, qui daigne les exposer mais force est de constater que les seuls à vivre modestement de leur art, sont ceux qui parviennent à vendre quelques unes de leurs œuvres sur Internet. Vivent-ils mieux pour autant ? Non, car les galeries virtuelles à l’instar de Singulart ou Saatchi, se servent au passage en ponctionnant de 40 à 50% de commission. D’un tableau vendu 600 euros sur le Net, l’artiste ne perçoit  au maximum que 360 euros qu’il sera obligé de déclarer et qu’il perdra automatiquement s’il est dépendant des minima sociaux (ce qui est le cas de la majorité d’entre eux !) car les agents des  Caisses d’Allocations Familiales sont payés non pas pour aider les artistes en détresse mais pour permettre à leur  employeur de récupérer les aides qu’il a avancées à l’artiste lorsqu’il était en situation de précarité et s’endettait pour acheter ses toiles, ses pinceaux et ses crayons. Le Ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire s’est fait un devoir de taxer les GAFAM mais il n’est pas venu à l’idée de sa collègue en charger de la Culture d’en faire de même avec les sous-GAFA que sont les galeries virtuelles. Ce système légitime des marges qui seraient inimaginables dans tous les autres secteurs et il en va de même avec pratiquement toutes les branches culturelles. Les e-books d’oeuvres récentes sont encore chers comparativement aux livres traditionnels. Aucune réforme du code de la Sécurité Sociale n’a par ailleurs été envisagée pour qu’une chance soit donnée aux artistes capables de vivre de leur art.

Blanca Suarez tient le premier rôle dans la série « Les demoiselles du téléphone », une production haut de gamme qui contribue au succès de Netfllix.

Repenser plutôt que subventionner la culture

La culture n’est pas plus en danger aujourd’hui qu’elle l’ était autrefois mais elle doit être repensée. Qui aurait imaginé au Moyen-Age que les saltimbanques disparaîtraient des rues, au début du 20ième  siècle que les théâtres allaient se déserter et plus tard que les cinémas de quartier allaient devoir fermer leurs portes ? La culture a toujours accompagné le développement économique et provoqué des changements de comportements. Si les cirques n’ont plus le vent en poupe ou sont de plus en plus critiqués c’est parce que tous les discours sur la cause animale commencent à porter leurs fruits. Attribuer des aides d’urgence à des artistes en perdition à cause de la pandémie est louable et légitime car la culture contribue au bien-être mais cela ne suffit pas car elle s’immisce souvent là où on ne l’attend pas. Le plus grand danger qui guette  les artistes français n’est pas la fermeture possible, définitive et programmée à moyen terme des salles de cinéma, dont le nombre à l’instar de celui des théâtres et scènes lyriques, va être amené à chuter, mais leur impréparation à la concurrence internationale. La montée en puissance des plates-formes de streaming bouleverse l’industrie cinématographique et télévisée et ce, à tel point qu’on peut s’interroger à savoir, qui, dans un proche avenir, regardera encore la télévision avec ses programmes imposés ou se rendra dans un cinéma pour un film  susceptible d’être vu quelques semaines plus tard dans son salon en fumant sa cigarette et en  buvant une bière ou un soda. Qui s’abonne à un service tel que Netflix, non seulement vit très bien le confinement, mais il découvre des perles dont il n’aurait jamais imaginé l’existence. Beaucoup de téléspectateurs, las de voir depuis des années toujours les mêmes animateurs et présentateurs d’émissions souvent plus idiotes les unes que les autres, doivent déjà remercier le virus de leur avoir fait découvrir des acteurs prodigieux, jouant dans des séries dont les scénarios ont été bien ficelés non pas par un mais par plusieurs auteurs. Faciles d’utilisation,  y compris pour ceux qui n’ont aucune expérience avec les nouveaux outils de communication, les productions diffusées sur ces plates-formes comblent toutes les lacunes auxquelles les exploitants de salles de cinéma, le distributeurs de films et les programmateurs de chaînes seront toujours confrontés. Les programmes peuvent être visionnés au choix dans leur version originale sous-titrée (*) et/ou doublée. Pas besoin d’attendre la publicité  pour aller faire son pipi ou consoler le bambin qui peine à s’endormir. A ce confort d’utilisation, se greffe une offre qu’aucun directeur de programmes de chaîne encore moins un distributeur de films en salles seraient en mesure de garantir. Il y en a pour tous les goûts et toutes les cinématographies du monde entier sont proposées. Des pays nordiques à l’Inde et l’Australie en passant par l’Amérique Latine, les Europe Occidentale, Centrale et Orientale, l’Asie et l’Afrique, rien ne semble échapper aux plates-formes américaines qui prouvent une fois encore qu’il est vain de vouloir donner aux Etats-Unis des leçons de culture et de divertissement.

Alan Arkin et Michael Douglas, deux prodigieux acteurs confrontés, avec humour, aux affres de la mort et pire de l’oubli dans « The Kominski Method », coproduite par Netflix. 

Un milliard de fauteuils à domicile

Grâce à leur force de frappe, Netflix, Amazon, Apple et Disney grignotent chaque jour des parts de marché aux réseaux traditionnels de diffusion de longs métrages de cinéma et de programmes télévisés. Aucune plateforme nationale que ce soit en France ou en Allemagne n’est en mesure de rivaliser avec ces quatre labels qui font le métier qu’on attend d’eux : acquérir le maximum de droits pour satisfaire le plus grand nombre possible de personnes sensibles non par à une mais à toutes les formes de cultures. Permettre à chaque téléspectateur dans le monde entier de se concevoir son propre programme télévisé et de s’organiser son propre festival, ce double-défi, inimaginable il y a seulement quelques années, les plateformes de streaming l’ont relevé, au profit de tous les métiers du cinéma et de l’audiovisuel, dont les sous-titreurs et les doubleurs mais aussi les milliers de jeunes actrices et acteurs qui trouvent des rôles conformes à leur physique, leur expérience et leur talent. On compte déjà par dizaines le nombre de séries dont chaque épisode pourrait se comparer à un long-métrage diffusé en salles. Certaines sont de moyenne qualité mais d’autres surprennent par leur originalité et leur audace à aborder des sujets sans complexe ou pudibonderie. Cela vaut naturellement pour les séries américaines et anglo-saxonnes mais aussi et de plus en plus pour celles produites en Espagne, en Amérique Latine mais aussi en Turquie. Les cinq saisons en quarante deux épisodes de la série « Les demoiselles du téléphone » sont l’exemple même de ce qui se fait de mieux en matière de production télévisée. Dans ce  programme créé par Ramon Campos, Teresa Fernandez-Valdés et Gema Neira, tout est parfait, du casting aux dialogues en passant par la distribution des rôles, les décors, les costumes, la musique, le montage et le scénario ; lequel intègre judicieusement personnages protagonistes, antagonistes et récurrents mais aussi des dizaines de rôles secondaires mais suffisants pour détecter de futurs talents. On en compte déjà plusieurs dizaines de ces séries en plusieurs saisons qui à l’instar de « Les demoiselles du téléphone », « Elite » ou « Le jeu de la Dame » tiennent pendant des semaines les téléspectateurs en haleine.   Pour les acteurs français, la concurrence ne vient plus des pays anglo-saxons  mais aussi de plus en plus d’Espagne et d’Amérique Latine, des territoires où on semble avoir le génie de reconvertir des mannequins et photo-modèles en actrices et acteurs de premier plan. Netflix vient de franchir la barre symbolique des 200 millions d’abonnés, soit le nombre d’entrées enregistrées en une année par les salles de cinéma françaises mais ces 200 millions de personnes permettront à leur entourage de voir ou revoir  avec à peine 12 euros par mois au moins une vingtaine de films voire davantage par semaine. On peut déjà estimer à plus d’un milliard  le nombre de téléspectateurs qui découvrent chaque jour grâce au petit écran ce que Jeanne Moreau appelait « la magie du cinéma ».

Vous avez dit francophonie ? Comme c’est bizarre !

Parce qu’il a été tourné en anglais et interprété dans le rôle principal par une actrice russe, « Anna » de Luc Besson a été en 2019 le plus grand succès d’une production majoritairement française à l’étranger !

Dans ce contexte, la France qui s’honore d’avoir été la pionnière du 7ième  art puis d’avoir plus ou moins inspiré son système de financement du cinéma à l’étranger, n’est plus désormais la mieux placée pour s’imposer sur la scène internationale. A quelques exceptions près, les « professionnels de la profession » ont toujours cette fâcheuse tendance à assimiler  l’art télévisé, qui existe réellement, à un art mineur. Dans ce piège, les plus grandes stars américaines ne sont pas tombées, mieux elles ont contribué à une salutaire démocratisation du monde de l’image animée. Les « monstres » n’ont plus besoin d’être sacrés par le grand écran, ils sont admirés sur les canapés de dizaines de millions de foyers, à l’instar de Michael Douglas et Alan Arkin dans « The Kominski Method » ou Sam Shepard, Sissy Spacek, Ben Mendelsohn et Kyle Chandler, tous les quatre miraculeusement  réunis dans la série « Bloodline » . Alors que les majors américaines vendent des catalogues entiers de programmes destinés à tous les supports, les Français persistent à financer deux organismes, Unifrance pour le cinéma et TF France International pour la télévision,  qui promeuvent de manière séparée les productions nationales. Sur les trois principaux marchés internationaux du film, à Cannes, Berlin et Los Angeles, les exportateurs présentent des films d’auteur dont le succès limité dans les salles nationales n’encourage pas les acheteurs internationaux à en acquérir les droits. Alors que l’Hexagone produit toujours davantage de films et que le budget du Centre National du Cinéma et de l’Image Animée ne cesse d’augmenter, les recettes à l’exportation prennent  le chemin inverse et selon la dernière étude du CNC elles ont baissé de 28,5% entre 2010 et 2019, passant de 521 à 372 millions d’euros. Alors que le nombre de films exploités à l’international a augmenté entre ces deux années de 104% (de 425 à 869 titres), le nombre global d’entrées a chuté de 23% à 26,9 millions. Mais cette réalité déprimante n’est que la face visible de l’iceberg, car sur les 20 plus grands succès de films majoritairement coproduits par la France et distribués à l’étranger, huit ont été réalisés et diffusés en anglais, ce qui leur a permis de générer la moitié des entrées ( plus de 13 millions). Le 7ième art « made in France » ne joue pratiquement plus aucun rôle dans la promotion de la langue française à l’étranger y compris dans les trois principaux pays francophones que sont la Suisse, la Belgique et le Québec, trois territoires où les titres français n’ont pu s’arroger respectivement que 12, 10,3 et 4,5% de part de marché. Il n’est pas utile d’attendre le bilan à l’exportation des films français en 2020  pour affirmer qu’il va être catastrophique voire même déficitaire si on prend en considération toutes les personnes qui, en France, auront travaillé pour rien à l’exportation, exploitation et promotion des films à l’étranger. Avec un peu de chance, quelques titres trouveront leur salut sur des plates formes de streaming mais ils seront très  vite écrasés par  des locomotives américaines  tirant des wagons concurrents mis sur leurs rails  à Rome, Madrid, Istanbul, Buenos Aires, Mexico, Rio de Janeiro, Bogota, Santiago, bref de partout dans le monde. Il faut se rendre à l’évidence, la culture aurait-elle été miraculeusement épargnée par la pandémie, que son avenir ne se présenterait pas pour autant sous de meilleurs auspices.  Ce secteur est en effet en convalescence depuis de très nombreuses années, en France, mais aussi dans tous les autres pays européens. Le situation des artistes français n’est ni meilleure, ni pire qu’ailleurs dans le monde.  Tous les films européens distribués dans les salles françaises le sont de manière confidentielle dans quelques grandes métropoles. Il est extrêmement rare qu’ils tiennent l’affiche plus de deux semaines ce qui les empêchent de profiter du bouche-à-oreille. Sur les chaînes télévisées, y compris sur celles qui se prétendent à vocation culturelle à l’instar d’Arte, ils sont programmés à des horaires de faible audience et sur les chaînes généralistes, ils sont purement et simplement occultés des programmations car non rentables commercialement.  Si on greffe à cette réalité économique, exacerbée par  la mondialisation, le fait que le nombre de personnes qui se prétendent artistes sans réellement l’être, ne cesse de croître et qu’aucun autre secteur n’est autant diversifié et multidisciplinaire que l’est celui de la culture, il ne faut pas alors s’étonner qu’il soit l’un des plus fragilisés en période de crise. Les « professionnels de la profession » doivent prendre conscience que leurs métiers sont les plus concernés par la mondialisation mais aussi reconnaître qu’ils sont les seuls à pouvoir en tirer les avantages. Les artistes dont l’avenir est assuré sont ceux qui auront mis à profit le confinement pour améliorer leurs connaissances linguistiques, maîtriser parfaitement une seconde ou troisième langue et pris le temps nécessaire pour juger objectivement les créations et performances, sur le « petit » écran,  de leurs collègues étrangers. Vital-Joseph Philibert (Nombre de mots : 3.130)

(*) Les productions proposées par le catalogue de Netflix le sont en versions sous-titrées et/ou doublées en quatre langues, soit plus de deux milliards d’abonnés potentiels. A côté naturellement de l’anglais parlé par 1,13 milliard de personnes à travers le monde, ont été privilégiés l’espagnol (534 millions), l’arabe classique (260 millions) et l’allemand, qui depuis le Brexit, est devenue la langue la plus parlée dans l’Union Européenne, une réalité qui semble ne pas avoir échappé aux Américains !

 

 

 

 

Anya Taylor-Joy et Thomas Brodie-Sangster

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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