Corona Virus : un cas d’école roumain

Roumanie/UE – Dans le climat de psychose et d’inquiétude qui s’instaure face à la propagation du virus Corona, il est intéressant d’observer comment il évolue en Roumanie, pays hélas réputé pour son retard en matière de santé publique. Il n’est en effet fréquent que des maladies touchant des être vivants, animaux et humains confondus, fassent ou refassent leur apparition dans cette République où il n’est pas rare que les moyens qui lui sont mis à disposition au profit de ses structures sanitaires, atterrissent dans les poches de politiciens corrompus qui préfèrent s’enrichir à titre personnel plutôt que de veiller au bien-être de leurs administrés.

I.M.Vela, le nouveau ministre de la Santé doit se battre sur deux fronts

Notre site a été l’un des seuls à informer des dangers potentiels que représentait la peste d’Afrique qui a provoqué, en août 2018, l’abattage de plus de 130.000 porcs contaminés par un virus dont on s’est alors interrogé s’il était ou non transmissible à l’homme. Un an plus tôt, c’est la rougeole qui resurgit en Roumanie sans que personne en occident ne s’en inquiète outre-mesure et il a fallu attendre que des enfants soient frappés à leur tour en Allemagne et en France par cette maladie pour que les pouvoirs publics réagissent et s’aperçoivent que de nombreuses personnes n’avaient pas été vaccinées (*). Dans ce contexte, il est par conséquent logique que ces mêmes pouvoirs publics, déficients lorsque tout pourrait aller bien, paniquent lorsqu’un virus encore inconnu des scientifiques se développe dans le pays le plus peuplé de la planète et qui a le tort d’être devenu soudainement et suffisamment riche pour permettre à ses habitants de voyager ou de commercer avec l’étranger. Si le corona virus avait fait son apparition sous Mao ou sous Staline, aucun occidental n’en aurait été informé. Il en va des épidémies style Corona comme des catastrophes nucléaires, on s’en abreuve lorsqu’elles éclatent mais on les oublient aussitôt lorsqu’il faudrait calculer le nombre de victimes dans la durée. Pour revenir au cas roumain, objet de cet article, il est un cas d’école car il a touché une femme lambda de 38 ans qui était en parfaite santé lorsqu’elle est partie, le 20 février, de Timisoara à Bergame en Italie à bord d’un avion affrété par la compagnie hongroise Wizzair. A son retour, le 27 février, elle s’inquiète à juste raison d’un rhume persistant qui l’incite à se rendre à l’hôpital où elle apprend qu’elle est porteuse du covid 19. Elle est aussitôt mise en quarantaine à domicile puis dans une chambre isolée à l’hôpital. A l’instar de ce qui est devenu obligatoire dans tous les pays européens, elle dresse la liste des personnes avec lesquelles elle a été en contact à son retour, ses deux parents et quatre amis. Aucune de ces six personnes n’a été contaminée. Idem en ce qui concerne les passagers de l’avion dans lequel elle avait voyagé, y compris les neuf qui étaient assises à côté d’elle, et qui, si on se fie aux suppositions répandues par les médias, auraient dû pour au moins une d’entre elles, être touchées par le virus, ce qui n’a pas été la cas. Selon le docteur Virgil Musta, du département des maladies infectieuses à l’hôpital Babes de Timisoara, le 1er mars, sa patiente n’avait plus de fièvre et aucune insuffisance respiratoire n’avait été signalée. Si la presse roumaine s’est focalisée sur ce cas, c’est d’une part pour éviter un vent de panique et d’autre part prouver et rappeler que les mesures de prévention sont appliquées en Roumanie comme elles le sont dans tous les autres pays européens. Depuis le début du mois de février la mairie de Bucarest dispose d’une salle de quarantaine qui a déjà accueilli une centaine de personnes en provenance de Chine rapatriées par un avion militaire équipe de cabines d’isolement médical. Toutes les autres villes du pays ont pris des mesures identiques et plus particulièrement celles qui, à l’instar de Tulcea, Bacau ou Galati, accueillent de plus en plus de travailleurs chinois ce qui est assez paradoxal dans un pays qui compte par dizaines de milliers le nombre de ses jeunes gens fuir leur terre natale pour tenter leur chance en occident. Quant à l’Université Vasile Goldi d’Arad, elle a décidé de suspendre pendant deux semaines ses cours car elle est fréquentée par de nombreux étudiants italiens. Cette ville, hongroise jusqu’à la signature du traité du Trianon, est l’une des plus touristiques de Roumanie et doit, à ce titre, être soumise à vigilance. Le nouveau ministre de la Santé, Ion Marcel Vela, n’a pas la tâche facile car, en plus des mesures d’éradication d’un virus dont personne ne sait comment il va évoluer, il doit redorer l’image de son propre ministère, frappé par un autre fléau, également contagieux, la corruption (Source : adz / Nombre de mots : 745).

(*) Nos lecteurs peuvent se reporter à nos articles en date du 15 avril 2017 et  des 31 juillet et août 2018

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