Brexit : Allemands et Anglais s’échangent leur nationalité

Royaume-Uni/Allemagne/UE – Brexit bleu, saignant, à point ou bien cuit, tous les dirigeants européens sont actuellement aux fourneaux mais aucun d’entre eux n’est en mesure de garantir une cuisson médium susceptible de satisfaire une majorité de clients. Les Américains, les Chinois et les Russes n’ont aucun souci à se faire car ce n’est pas encore demain la veille qu’ils auront face à eux une Union Européenne forte car solidaire. Jamais l’UE a autant mal porté son nom, à tel point que certains jours on en vient à regretter la Guerre Froide, car au moins à cette époque les choses, bien que peu reluisantes, avaient au moins l’avantage d’être claires. Depuis plusieurs semaines, le grand coordinateur des négociations, Michel Barnier, a disparu de la circulation et une chose est déjà évidente : du rapport de quelque 600 pages qu’il a paraphé et qui a été peaufiné pendant plus de trois ans par une soixantaine de conseillers et experts, il risque que de ne plus rester grand-chose. Plus le nouveau chef du gouvernement britannique rencontre ses homologues de l’autre côté de la Manche, plus le brouillard s’épaissit sur la Tamise. Mais une chose est désormais garantie car elle était prévisible, ce sont tous ceux dont le métier, sans qu’ils le sussent, dépendait du commerce avec les îles britanniques, qui vont en faire les frais.

L’Europe Centrale la plus touchée

Et là, pour mesurer les dégâts, les chiffres ne sont fiables que lorsqu’ils émanent d’institutions dénuées de toute connotation politique. C’est le cas de l’Université néerlandaise de Louvain qui a analysé les conséquences dans la perspective d’un Brexit dur. Plus de 1,7 millions de salariés seraient concernés par une perte de leur emploi, dont 17% (291.930 exactement) d’Allemands, 8,3% et 8,17% de Français et Italiens mais seulement 4,1% d’Espagnols. Comme il faudra s’y attendre, si cette hypothèse s’avérait, les plus touchées seront les Républiques du Centre de l’Europe, dont la plupart a voulu adhérer à l’Union parce que, justement, le Royaume-Uni en était membre. Près de 300.000 salariés de ces territoires risquent de se retrouver au chômage si leur pays n’a plus ou moins de relations avec le Royaume-Uni. Les premiers frappés seront naturellement les ressortissants en poste de l’autre côté de la Manche qui, tous, quelle que soit leur nationalité, risquent d’être menacés d’expulsion. Etant donné que nombre d’entre eux n’ont plus d’avenir dans leur pays d’origine, ils tentent d’obtenir la nationalité britannique. Depuis le 2ième trimestre 2016, 11.000 Allemands ont déjà effectué cette démarche. Ce phénomène inédit de migration des « cols blancs » à l’intérieur même de l’Europe est déjà perceptible car près de 17.000 Anglais ont, depuis le Brexit et selon l’Office Fédéral des Statistiques, obtenu la nationalité allemande. Ce nombre est destiné à croitre considérablement car de tous les pays européens, c’est le Royaume-Uni qui, au bout du compte, sera le plus durement frappé. L’Université de Louvain estime à 526.830 (31%) le nombre d’emplois que risque perdre le Royaume-Uni. kb & vjp

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